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Author: SnrtTV
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Monopole mondial pour le ghassoul / Pour faire du chiffre, les opérateurs de ce secteur ne manquent pas d’ingéniosité. Leur gamme ne cesse de s’élargir. Ils offrent aujourd’hui du savon noir aromatisé aux huiles essentielles et l’emballage est souvent adapté aux besoins des clients. Aussi varie-t-il entre les fûts de 25 kg, les pots de 250 grammes et les sachets de 30 grammes destinés à une seule utilisation. L’Asie, avec ses salons de beauté, ses spas et bains à vapeur, constitue pour l’heure le nouveau marché cible. Dans la même ligne de produits, on retrouve l’emblématique ghassoul. Le Maroc en détient le monopole international puisque les seuls gisements de ce minerai connus dans le monde sont situés en bordure du Moyen-Atlas, dans la province de Boulemane, à 200 km de la ville de Fès. Ce produit, utilisé depuis plus de 12 siècles par les populations d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, est exploité depuis 1954 par la Société du Ghassoul et de ses dérivés, appartenant à la famille Sefrioui. Cette dernière exploite les seuls gisements miniers (27 000 hectares) suivant une adjudication déci-annuelle. «Depuis les années 1970, l’entreprise a mis en place une stratégie de marketing et de communication basée principalement sur la participation active aux salons internationaux des produits cosmétiques, naturels, et des matières premières : Nature Expo, In Cosmetics. La dernière participation en date concerne le Salon esthétique Spa Internationale de Montréal, qui s’est tenu les 2 et 3 octobre 2005, et la 13e Conférence internationale sur les argiles, du 22 au 29 août 2005 à Tokyo», explique Saad Sefrioui, directeur de la société. Cette agressivité commerciale a été payante. Le produit est exporté aux quatre coins du monde. 1 800 tonnes sont annuellement embarquées à destination de divers pays, pour un chiffre d’affaires de 4 MDH. La Tunisie vient en tête des pays importateurs avec 50 %. Les autres pays d’accueil se répartissent entre le Japon, investi depuis 1998, la Thaïlande, le Canada, les Etats-Unis ou encore les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. «Nous venons aussi de nous voir attribuer l’autorisation d’exporter en Egypte, un travail de longue haleine qui a nécessité 3 ans d’efforts», explique M. Sefrioui. Quant au marché américain, il a fallu obtenir la certification à la norme CTFA de l’association américaine The Cosmetic, Toiletry and Fragance Association, sous le nom de «ghassoul : saponiferous clay» et de «moroccan lava clay», depuis 2001, pour pouvoir y pénétrer. Signe de sa dynamique, l’entreprise a conclu le 14 juillet 2005 une convention avec le Centre d’excellence de la recherche sur les matériaux (CERM), relevant de la Faculté des sciences Semlalia de Marrakech, qui s’engage à effectuer des travaux de recherche et d’analyse pour la valorisation du ghassoul au niveau industriel, moyennant une dotation annuelle au titre du soutien aux travaux de recherche. Des marges intéressantes sur la menthe Côté agroalimentaire, des produits originaux sont relevés. C’est le cas, par exemple, de la menthe, un créneau en développement régulier, et où le Maroc détient encore le monopole, à en croire les opérateurs. La menthe, un marché en or pour les négociants qui y sont actifs. Les marges y sont très confortables. La botte, achetée ici à 1,50 DH aux agriculteurs, est revendue à 1 euro à l’étranger. Le Maroc en exporte annuellement 4 634 tonnes. Et il y en a pour tous les goûts : de la menthe biologique à la menthe séchée, poivrée, brisures, broyée ou encore la menthe fraîche qui représente 97 % des exportations. Les premiers destinataires du produit sont les pays qui concentrent une présence de MRE. Omar Jettou, directeur général de Jorimex, explique que l’approvisionnement se fait directement auprès des fellahs. Les commandes sont très importantes et atteignent dans certains cas les 50 tonnes par semaine, «comme c’était le cas avec des clients basés à New York et Boston, rapporte Abdelmoula Msouber. Des Marocains résidents au Brésil ont tenté d’en produire là-bas mais leur expérience a tourné court», ajoute-t-il. Et pour rester dans les monopoles marocains, l’arganier en est une autre illustration. Connue pour ses bienfaits médicaux et cosmétiques, l’huile d’argan est très sollicitée dans les pays étrangers. Le Maroc, unique producteur dans le monde, en exporte officiellement 50 tonnes par an. Mais certains producteurs estiment que les quantités exportées sont plus importantes. Aux côtés des cinq exportateurs organisés (coopératives et entreprises privées), un tonnage important est réalisé par les MRE au moment de leur retour au pays d’accueil. Selon Zakaria Ouissafane, directeur général d’Arganoil Company, les exportations d’huile d’argan connaissent une croissance soutenue. Ce que reflètent effectivement les statistiques de l’EACCE puisque les quantités exportées sont passées de 13,8 tonnes en 2002/03 à 27,23 en 2003/04, pour se situer à 53,54 tonnes en 2004/05. Pour son entreprise, créée en 1998, les exportations se font aussi bien en vrac qu’en produit conditionné destiné aux secteurs pharmaceutique, cosmétique ou encore agroalimentaire. Les deux marques de l’entreprise sont «Berbère Argan» et «Nafissa», destinées essentiellement au marché européen (notamment l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France), mais aussi l’Afrique du Sud, l’Amérique du nord, l’Asie et le Moyen-Orient. La demande, bien sûr, diffère d’un marché à l’autre. Ainsi, raconte M.Ouissafane, «l’huile d’argan exportée en Allemagne et en GB est destinée aux industries médicales et cosmétiques, alors qu’en France et dans les pays du Moyen-Orient, l’usage est essentiellement alimentaire». Conditionnée, l’huile est commercialisée (sortie usine) à 60 DH le quart de litre. La même contenance est vendue en Europe entre 18 et 19 euros. Pour les ventes en vrac, le prix est de l’ordre de 200 DH le litre sortie usine. L’escargot avance à petits pas Les escargots sont un autre créneau insoupçonné. Selon les chiffres fournis par le département des statistiques de l’Office des changes, les exportations marocaines de ce produit ont, à fin octobre 2005, totalisé 24,5 MDH, soit une stabilisation par rapport à 2004 (25,9 MDH). 78 % des exportations vont vers l’Espagne. Le reste est dirigé sur l’Italie, le Portugal, le Canada et les Etats-Unis. Les goûts étant différents, chaque marché a ses propres préférences. Des cinq variétés qui sont «élevées» au Maroc, les Européens préfèrent la Théba Pisana. Les Otala Lactea, Otala Vermiculata, Otala Opunectata et Helix Aspersa, des espèces de plus grande taille, sont plus appréciées par les Nord-Américains. Selon Abdelmoula Msouber, gérant de Msouber Négoce, les prix, face à une demande de plus en plus importante, ont flambé, atteignant parfois les 25 DH le kg contre 8 DH il y a à peine 4 ans. Les fichiers du CMPE relèvent 5 opérateurs actifs sur ce créneau largement rémunérateur puisque les marges qui s’y pratiquent sont très importantes et varient, selon les négociants, entre 20 et 50%. Les potentialités de ce créneau ne sont pas toutefois encore totalement exploitées. Les exportations concernent encore uniquement l’escargot vivant, alors que des demandes sont exprimées pour des produits traités ou surgelés. L’absence d’élevage organisé, contrairement à la France ou aux pays de l’Est, principaux concurrents, ne permet pas non plus de structurer l’offre.
Reportage: Ghassoule l argile du Maroc unique au monde
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05 Oct 2008, 22:28


















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