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Auteur: anayaay
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Partie 2/3: MAROC : Le desespoir des jeunes au service du terrorisme EMission Zone libre présenté par Jean François Lepine - emission canadienne - e 11 mars dernier, quatre trains bondés en direction de Madrid explosent à leur arrivée en ville. Un an plus tôt, le 16 mai 2003, 14 kamikazes se faisaient sauter dans cinq endroits différents à Casablanca, la capitale économique du Maroc. Au total, les deux attentats ont fait près de 250 morts et 1500 blessés. Entre les deux catastrophes, il y aurait peut-être un point commun : une filière marocaine liée à Al-Qaïda, mais surtout des jeunes désespérés qui servent de main-d'œuvre au terrorisme. Des jeunes qui sont prêts à sombrer dans la violence pour se faire entendre. / Des jeunes qui risquent la mort pour survivre: Chaque année, des centaines de jeunes Marocains perdent la vie en cherchant à traverser le détroit de Gibraltar, une distance d'une quinzaine de kilomètres, dans des embarcations de fortune, pour entrer clandestinement en Europe, à la recherche d'emploi et d'argent pour survivre. L'équipe de Zone libre s'est rendue dans le centre du pays, dans une région d'où proviennent un grand nombre de ces candidats à l'immigration clandestine. Une région autrefois prospère où on trouve une des plus grandes concentrations mondiales de phosphate. Aujourd'hui, les installations sont fermées ou mal entretenues. La compagnie marocaine qui a nationalisé les mines de phosphate ne transforme plus le minerai sur place. Hansala est un petit village de 500 habitants, perché à flanc de colline, sans eau courante ni électricité. Douze familles du village ont perdu un fils, lors du naufrage d'un Zodiak au large de Cadix, en Espagne, le 25 octobre 2003. Le canot pneumatique, qui partait du Maroc, transportait 50 passagers, soit le double de la capacité permise. Après 20 heures de navigation, il a chaviré, faisant 36 victimes. Un villageois : « J'ai fait une chute de 45 mètres, je suis tombé malade. Je ne peux pas travailler. Mon fils a voulu partir pour nous aider financièrement. Il est parti. J'ai appris par la suite qu'il est mort en mer. » Pour organiser une traversée d'immigrants clandestins vers l'Europe, les recruteurs peuvent demander jusqu'à 1500 $ par personne. Une fortune qui représente le revenu de plusieurs années de travail pour une famille de Hansala. Un membre de l'Association des amis des victimes de l'immigration clandestine explique que l'immigration est souvent un projet de famille. À son avis, les jeunes croient qu'ils n'ont rien à perdre, que le rêve d'une vie meilleure pour eux et leur famille vaut le risque de mourir. L'Association des amis des victimes de l'immigration clandestine voudrait convaincre les jeunes de renoncer à risquer leur vie et de bâtir l'avenir en cherchant plutôt à transformer leurs conditions de vie au Maroc. Mais le désespoir des chômeurs et la crise de l'économie marocaine les poussent à opter pour des solutions extrêmes. Quand ils sont trop pauvres pour se payer la traversée en Zodiak, les immigrants désespérés utilisent un moyen de transport encore plus risqué. Ils deviennent passagers clandestins dans un des nombreux camions qui empruntent, chaque jour, le traversier vers l'Espagne. Le moindre compartiment, le moindre espace entre les essieux peut servir de cachette, le temps de la traversée. Certains en meurent coincés ou tout simplement asphyxiés. Pour dissuader les clandestins, on a surélevé les murs d'enceinte autour du port de Tanger, qui sont patrouillés 24 heures sur 24 par une agence de sécurité. Ces jeunes, à Tanger, sont prêts à tout risquer pour quitter le Maroc. En marchant près du port, l'équipe de Zone libre a découvert dans un terrain vague, derrière la gare désaffectée de Tanger, des dizaines de jeunes qui attendent sur place, le moment opportun pour entrer dans le port. Ils expliquent qu'il n'y a pas de travail au Maroc, qu'il faut aider les parents. L'un d'eux raconte qu'il a essayé quatre fois de se rendre en Espagne, caché sous les roues arrière d'une remorque. Les quatre fois, on l'a retourné au Maroc. Selon l'Association des amis des victimes de l'immigration clandestine, « le témoignage le plus accablant, c'est quand ils disent : “Je préfère mourir une fois plutôt que 10 fois devant les regards de pitié de mes parents" ». /Journaliste : Jean-François Lépine / Réalisateur : Georges Amar


















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